By | octobre 19, 2020

En réponse à l’implication de ses personnels dans la crise, EDF accroit les suppressions de postes et dégrade leurs conditions de travail…

Reprenons les propos du PDG d’EDF JB Lévy dans son mail du 4 juin :

« Tout au long de cette crise, grâce à vous, avec vous, EDF a répondu présent », « Notre Groupe a les meilleurs atouts en main pour participer à la « relance verte » », « En sortant de la crise sanitaire, nous allons capitaliser sur les nouvelles façons de travailler », sans oublier celle-ci : « Il va nous falloir redoubler d’efforts pour être performants ».

Des remerciements au goût amer !

Mimosa, tel n’est plus le nom du plan d’action d’EDF en réponse à la crise du Covid. Le nom, jugé maladroit, a été retiré, mais pas le plan qui a des effets cash pour tous les personnels du groupe EDF ! Mimosa va accentuer la dégradation des conditions de travail des personnels qui se sont démenés tout au long de la crise du Covid pour assurer la continuité du Service Public de l’électricité y compris au plus fort de la crise.

Un plan d’économie qui sévit déjà !

Ce nouveau plan d’économie ne vise en rien à régler les problèmes structurels d’EDF : les affairistes vont pouvoir continuer d’empocher des bénéfices générés par le groupe EDF qui produit/transporte/distribue mais ne commercialise pas toute son électricité. Une électricité bas carbone, pilotable, et à un prix que beaucoup en Europe nous envient, même si cela ne plait pas à Bruxelles qui ne jure que par les énergies renouvelables intermittentes (éolien et solaire). Des EnR largement subventionnées par les citoyens (taxe TICPE), les usagers (Coût de raccordement inclus dans le Turpe), et une péréquation tarifaire mise à mal par l’« autonomie » des régions.

Des critères financiers à respecter à la lettre !

Des critères financiers à respecter à la lettre !

Baisses d’effectifs : 1.5% par an de 2020 à 2022
Baisse de 500 M€ des charges opérationnelles entre 2019 et 2022 (salaires…), nouvelles cessions (non coeur de métier) à hauteur de 3 Md€ (mais que reste-t-il vraiment encore à vendre après un plan de 10 Md€ de cessions soldées par des pertes colossales entre acquisitions et cessions ?), des investissements limités à 15 Md€ en moyenne sur les 3 années 2020 à 2022. Tout ceci va avoir des répercutions concrètes dans le quotidien de travail de tous les salariés d’EDF. Où est la reconnaissance du bon travail accompli ?

La performance au détriment de l’emploi !

Avant le Covid, EDF perdait déjà des emplois à un rythme de 0.5% par an en moyenne (et c’était accentué dans des Directions comme Commerce). Suite au Conseil d’administration du 29 juillet ce sera désormais -1.5% par an en moyenne. Face à l’opposition de la CGT il a été répondu que ce plan sévit déjà depuis le retour post confinement (500 embauches déjà gelées !). Rien ne garantit qu’avec l’évolution de la crise sanitaire, le plan ne s’aggrave encore (Seconde vague ? Crise économique et sociale entrainant une baisse des consommations d’énergies…).

Toujours les mêmes remèdes

500 embauches déjà gelées !

Revues de performance sur tous les projets, baisses généralisées (achats, prestations fonctions supports et d’appui tertiaire…), réductions des frais de structures y compris sur l’immobilier… tout y passe : tout ce qui n’est pas considéré comme « indispensable » fera les frais de Mimosa. Il faut s’attendre aussi à ce que le retour d’expérience du confinement soit fortement exploité à travers le projet TAMA (Travailler Autrement, Manager Autrement) : baisse des déplacements, formations à distance… mais aussi réorganisations touchant les strates managériales, automatisation et simplification des processus RH…
Enfin, il est annoncé que les voyages se feront en seconde classe pour tout le monde, bien que ce soit une attaque du statut des IEG : cela limitera le travail effectué lors des déplacements pour de faibles gains attendus…

Avec quand même des lignes à ne pas franchir

Toutes ces mesures doivent toutefois respecter sécurité des personnels, sûreté et cyber sécurité… c’est en tout cas ce qui est annoncé, car de récentes alertes sur les accidents au travail et cas de harcèlement – quand ils ne sont pas occultés par les Directions – inquiètent. Cela fait suite aux désorganisations liées à la crise et aux multiples transformations menées au pas de charge.

Des gages pour les agences de notation !

Des mesures d’économies sévères !

Le second semestre à venir nécessitera une mobilisation encore accrue des salariés (ex : limiter les retards sur les arrêts de tranches nucléaire à l’approche de l’hiver), alors que toutes les compétences sont déjà aujourd’hui proches de la « surchauffe »… Rien n’y fait : le but de Mimosa est de donner des gages de mesures d’économies sévères aux agences de notation et de contenir les « sacro-saints » ratios financiers !

Crise sanitaire, économique… et sociale ?

Au 1er semestre, l’effet du Covid dans sa version sanitaire a touché EDF, mais bien moins que d’autres secteurs comme les transports, l’automobile, l’aéronautique, la culture… C’est surtout l’activité « Clients et services » qui en a fait les frais. Mais cela risque de s’aggraver au second semestre avec des décalages de la maintenance nucléaire qui vont pénaliser la production électrique à l’automne et l’hiver prochain. La crise économique et sociale qui va résulter de la crise sanitaire aura aussi des impacts sur les consommations d’électricité sur les années à venir. Conjuguée à la perte récurrente de clients vers les fournisseurs alternatifs, l’entreprise est en difficulté. Cet nième plan laisse à penser que nous vivrions « généreusement » : c’est faux !

Aucune aide d’état malgré une vingtaine de Md€ de dividendes versés

Crise sociale : beaucoup dépendra des mesures prises par le gouvernement !

Dans le même temps, la Direction d’EDF s’évertue à ne pas demander d’aide d’Etat à travers le plan de relance dont elle attend des retombées indirectes, au travers des mesures sur la performance et l’efficacité énergétique. Pour l’Ufict-CGT ce serait pourtant le bon moment pour relancer la 3ème filière industrielle en renouvelant des moyens nucléaires pilotables. D’autant que, dès fin 2020, les comptes d’EDF s’annoncent difficiles. Cela pose d’ailleurs la question d’aller investir à l’international, en ces temps de crise, sur des projets ENRs avec des partenaires « éthiquement douteux »… juste après avoir adopté une raison d’être mettant en avant des valeurs RSE… D’ingénierie technique, va-t-on basculer en ingénierie financière, oubliant les valeurs de Service Public et ce qui fait la force d’EDF : son image, c’est-à-dire l’engagement de ses salariés ?

Agir pour peser sur le monde de demain

Les problèmes d’EDF ne datent pas de la crise du Covid. Ils sont structurels et proviennent de la libéralisation du marché de l’électricité : les profits extorqués par les opportunistes (qui ne font que commercialiser l’électricité et parfois en off-shore) font défaut à EDF pour investir dans la production d’électricité de base, pilotable, qui garantit la sécurité d’approvisionnement. Mimosa va dégrader encore plus les conditions de travail, accentuer les manques d’effectifs de toutes les Directions… et rajouter des problèmes aux problèmes.
Dans son Programme Progressiste de l’Énergie la FNME-CGT fait de nombreuses propositions : arrêter le marché, baisser les taxes… Pour faire bouger les lignes, nous vous invitons à participer à la journée d’action du 17 septembre pour peser sur les choix, présents et à venir, dans le cadre de cette nième crise. Le monde de demain doit prendre en compte les exigences sociales, écologiques, climatiques et sanitaires et mettre au rebut la rentabilité financière de court terme.

jeudi 17 septembre 2020 :
Journée d’action confédérale