Répartir autrement le 1% social, éclairages.

La clef de répartition du budget entre CCAS et CMCAS est passée de 69-31% à 68-32%. Soit 8 millions d’euros de moins pour la CCAS et 12 millions de plus pour les CMCAS.

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Delphine Idier, présidente de la CMCAS d’Angoulême

Dans quelle mesure la modification de la clef budgétaire assure le fonctionnement de votre CMCAS ?

Delphine Idier : Sans cette nouvelle clef de répartition nous n’aurions pas pu assurer les différentes activités proposées et organisées pour les bénéficiaires sur notre territoire. Il faut également savoir que nous sommes une petite CMCAS avec un patrimoine à gérer, ce qui implique là encore des impératifs dans la gestion budgétaire. Il aurait été difficile voir impossible de lier les deux.

Quelles actions auraient été compromises sans cette modification ?

D.I. : Je pense notamment à la commission santé solidarité et, entre autre, les prêts d’honneur ou les aides solidarité, où les demandes sont de plus en plus fréquentes, qui répondent aux problèmes financiers personnels des bénéficiaires, mais aussi toutes les aides autour de la santé, du handicap à destination des actifs mais surtout des inactifs qui représentent environ 60% de notre population. Mais également à l’activité de la commission jeunesse qui s’implique dans l’organisation de l’arbre de noël, ou à la section jeunes agents dans la construction du festival des énergies de Soulac ou, dernièrement, dans le festival de la BD d’Angoulême. Les restructurations d’entreprises font qu’il est difficile de rencontrer aujourd’hui les jeunes agents et, les activités qui leur sont dédiées sont donc essentielles pour aller à leur rencontre et répondre à leurs attentes.

Si le financement du 1% reste attaqué dans ces proportions, quel impact cela aurait sur la CCAS ?

D.I. : L’impact serait terrible, que ce soit sur les vacances, sur les assurances proposées, sur les colonies, sur les séjours bleus ou aînés, sur la restauration méridienne ou les partenariats culturels. Aujourd’hui, certains ne comprennent pas que l’exploitation de nos villages de toile soit déléguée. Mais quel autre choix avions-nous avec une perte de 68 millions d’euros de budget de fonctionnement sur trois ans? L’objectif est que 76.000 bénéficiaires puissent continuer de partir en vacances dans une période élargie avec nos saisonniers et avec le contenu que nous souhaitons y donner.

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Benoit Castel, président de la CMCAS de Toulouse

La modification de la clé de répartition est-elle une décision purement gestionnaire ? Comment cela a-t-il pesé sur les choix futurs de la CMCAS ?

Benoit Castel : Même s’il y avait urgence compte-tenu de la menace qui pesait sur une quinzaine de CMCAS, j’estime que cette décision est plus politique que simplement gestionnaire. Car au-delà de la somme – importante puisqu’il s’agit de 200.000 euros – réinjectée dans le fonctionnement de la CMCAS, nous avons décidé de nouvelles orientations budgétaires, tournées vers les projets d’activités. Nous avons veillé à ce que toutes les populations de bénéficiaires soient représentées, de la jeunesse aux inactifs, en mettant l’accent sur la culture et des projets structurants tels que les fêtes de SLVie ou de pensionnés. Nous avons également tenu à préserver la solidarité en gardant sur ce dossier un budget à l’identique. Dans ce contexte de budget de lutte, nous nous sommes efforcés d’avoir un fil conducteur : réorienter le 1% vers les bénéficiaires plutôt que vers les structures, quelle qu’elles soient.

Nous avons également décidé de travailler sur le festival des énergies de Soulac et d’en faire un axe revendicatif fort avec l’ensemble des syndicats CGT de la plaque toulousaine. Enfin, nous avons apporté notre contribution au budget de la CCAS en faisant remonter les réserves de CMCAS dont nous disposions.

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