Accord de branche sur la grille des salaires
Mensonges et contre-vérités cachent la forêt des reculs !
Depuis que la CGT a exercé son droit d’opposition, comme FO, contre l’accord de branche qui prévoyait ni plus ni moins que la destruction de notre grille salariale unique des IEG, certains s’agitent et tentent de convaincre que les agent·e·s perdent quelque chose avec la non-application de cet accord délétère. Il est temps de laisser la place aux faits élémentaires les plus têtus.
Loin des grands discours de celles et ceux qui n’ont jamais pris part à la mobilisation, et qui crient pourtant aujourd’hui au scandale, revenons sur le contenu de cet accord soi-disant « exceptionnel », que la CFE-CGC, ses alliés de l’UNSA, puis la CFDT, ont signé en bradant nos droits contre quelques miettes.
La revalorisation des salaires à hauteur de 1,8% ? oui MAIS ….
… étalée sur 3 ans, à partir de juillet 2027, à hauteur de 0,6% par an …
Cette proposition est complètement déconnectée de la réalité : l’INSEE prévoit une inflation moyenne pour 2026 à 2,2 % (et même 3,3% suivant le scenario très défavorable de la Banque de France). Certains crient victoire, oubliant un peu vite leurs propres discours passés sur la baisse du pouvoir d’achat : amnésie ou calcul politique ?
1,8% sur 3 ans représente 54€ d’augmentation par mois en juillet 2029 pour un agent qui gagne 3000€ par mois, et 18€ d’augmentation mensuelle en perspective pour juillet 2027…
Ce serait ça une victoire justifiant la disparition de la grille de salaire unique du statut ?
Les agent.es n’ont pas besoin de miettes, mais de salaires qui reconnaissent leur engagement dans le service public et qui leur permettent de vivre dignement.
L’ajout de 2 échelons d’ancienneté à 37 et 40 ans de carrière : une avancée rendue purement symbolique dans cet accord
En réalité, le compte n’y est pas :
- Un échelon classique représente 3 à 4% d’augmentation, ces deux nouveaux échelons de fin de carrière ne valent que 3% à eux deux !
- A cela, s’ajoute la suppression des 3 premiers échelons lors des 6 premières années de carrière, dont le rétablissement n’est toujours pas prévu !
- Passage de 33% d’évolution sur une carrière complète, dans nos textes statutaires, avec l’ensemble des échelons dont on devrait bénéficier (avec la réactivation des 3 premiers échelons), contre 25% dans l’accord
3% d’augmentation pour 2 « nouveaux » échelons d’ancienneté si cet accord s’appliquait, mais toujours et seulement 12 échelons pour couvrir une carrière dont la durée a été rallongée.
La revalorisation de l’astreinte
Cette revalorisation porte seulement sur l’indemnité d’astreinte. Ce n’est pas du salaire. C’est une prime, non maintenue en cas d’arrêt maladie et ne permettant pas de cotiser pour la retraite, la maladie, etc …. Cette revalorisation représente en moyenne une vingtaine d’euros par mois. D’autre part, son application peut venir dégrader la prime « Vie chère », notamment en Ile-de-France, obtenue à ENEDIS par exemple.
C’est une revendication que la CGT porte néanmoins depuis longtemps, mais dont la satisfaction ne doit pas être à n’importe quel prix, et surtout pas lorsque c’est un objet de chantage.
Casser la grille unique des IEG qui garantit des règles identiques pour tous, ce serait de la « modernisation » …
Encore une belle entourloupe de langage.
En quoi supprimer quelque chose qui protège les salariés est une avancée ?
- Faire exploser la grille unique des salaires des IEG, élément du statut indispensable pour empêcher l’individualisation des salaires et la mise en concurrence des agents, est-ce une avancée ?
- Organiser des augmentations générales différenciées par entreprise pour pouvoir supprimer à terme la grille unique des salaires des IEG, est-ce une avancée ?
- Accepter de baisser les pas de NR de 2,3% à 2%, avec des miettes complémentaires de 0,1% « à la tête du client », est-ce une avancée ?
En 2006, c’était DEJA la CFE-CGC, accompagnée de FO malheureusement, qui avait signé l’accord actant la division par 2 des NR.
Et oui, parce qu’avant 2006, un NR valait 4,6% d’augmentation salariale en moyenne !
Alors, oui, la CGT a exercé son devoir d’opposition pour empêcher la fin de la grille unique de salaire des IEG, pour empêcher une régression sociale historique.
Oui, la CGT exige la réouverture de négociations pour gagner de véritables avancées pour toutes et tous.
Oui, la CGT invite à engager une vraie dynamique de lutte pour gagner de nouveaux droits réels, sans aucun recul sur ceux existants !
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