1 mars 2019
Sous-traitants du ménage

Depuis novembre dernier, la société ELIOR a repris le marché du nettoyage des locaux tertiaires du site de Chatou, succédant à la société LIMPA. Les treize salariés qui étaient à LIMPA ont été transférés à ELIOR. On peut tout de même rappeler, qu’il y a une vingtaine d’année, l’équipe de ménage avait un effectif de plus de 30 personnes pour un nombre d’occupants du site équivalent.
La plupart des salariés du ménage travaillaient en horaires décalés par rapport à ceux des usagers du site : quelques heures le matin avant 9h ; quelques heures le soir après 17h.
Le changement de société, la direction d’EDF – via la DIG gestionnaire du contrat de prestation – a décidé d’imposer une nouvelle organisation du nettoyage à compter du 14 janvier prochain :

  • les salariés d’ELIOR doivent effectuer le travail en journée de 7h à 15h ;
  • les agents du site doivent trier et vider leurs poubelles eux-mêmes.

Cette situation est évidemment motivée par la volonté de la direction d’EDF de faire de nouvelles économies.

ELIOR a commencé par annoncer aux agents de ménage que le travail pourrait être aménagé avec des horaires plus acceptables pour eux, de 6h à 13h, leur permettant d’avoir au moins leur après-midi libre pour déjeuner et aussi, pour nombre d’entre d’eux, de prendre un deuxième emploi indispensable pour compléter leur faible salaire.
ELIOR a aussi proposé, à ceux qui le souhaitent, d’être mutés sur d’autres chantiers, plus proches de leur domicile.
Au bilan, en comptant les départs en retraite programmés, 7 salariés du ménage sur 13 sont sur le départ.

Il ne resterait donc que 6 agents pour faire tout le ménage du site !

Par ailleurs, 2 femmes de ménage présentes sur le site de >Chatou depuis 33 et 34 ans se sont vues mutées de force avec éloignement.
Depuis la rentrée de janvier, nous avons organisé la mobilisation contre ce projet, en portant les revendications :

  • Le maintien sur le site de Chatou des deux salariés d’Elior forcées de partir sur d’autres chantiers loin de chez elles ;
  • Un horaire de 6-13h qui permette aux salariés d’Elior concernés de conserver un deuxième emploi pour compenser leur faible salaire ;
  • Le maintien des effectifs d’Elior sur le site de Chatou, pour éviter une dégradation catastrophique de la qualité du ménage et aussi pour maintenir sur le site nos deux collègues forcées de partir.

Nous avons rencontré le chef de site et le responsable de la DIG jeudi et vendredi dernier, pour leur apporter la pétition qui a été signée par 165 agents le jeudi 10 janvier en 2 h à la cantine de Chatou. Et le personnel est venu en soutien au personnel de ménage lundi matin à partir de 6H.

Nous avons à cette occasion discuté avec un directeur d’Elior et à nouveau avec nos responsables EDF.

A la suite de quoi les responsables EDF ont rencontré lundi après-midi les responsables d’Elior. Ils nous ont fait un retour suite à cette rencontre :

Les responsables d’Elior ont d’abord refusé toute modification des horaires (pour des soi-disant problèmes de sécurité et pour d’obscures nécessités managériales).

Les responsables EDF nous avaient dit qu’ils n’étaient pas fermés sur cette question mais il semble qu’ils n’ont manifestement pas beaucoup insisté. Cela n’aurait pourtant pas coûté un centime à Elior et à EDF.

Nous avons pourtant expliqué la perte de revenu que cette nouvelle organisation va induire pour nombre de femmes de ménage par la perte de leurs autres emplois que leurs faibles salaires les obligent à trouver ailleurs.

Les responsables d’Elior ont aussi refusé d’étudier la possibilité de reprendre sur le site de Chatou nos deux collègues forcées de muter sur un autre site.

Rappelons que ces collègues qui travaillent pour le site depuis plus de trente ans, n’ont eu qu’une semaine de délai pour ce changement !

Elior estime qu’en préalable à tout examen de la situation de ces deux collègues, il faut qu’elles se rendent sur les lieux de travail qu’on leur a désigné, sans d’ailleurs leur donner aucune garantie, ni engagement formel sur la suite. Pour justifier le maintien sur le site de nos deux collègues forcées de partir, nous avons avancé deux arguments :

  • Remplacer les prochains départs à la retraite de deux agents d’Elior, en mars et juillet. Pour l’un des deux, une rupture conventionnelle est d’ailleurs en train d’être négociée qui pourrait permettre un départ rapide ;
  • Remplacer un agent d’Elior qui est en arrêt après un accident de travail ;.

Sur le premier argument, EDF n’a pas même pas obtenu l’engagement d’Elior de reprendre les collègues mutées lorsque les départs en retraites seraient effectifs.

Sur le deuxième argument, EDF comme Elior, estiment que des bâtiments sont sortis du contrat de prestation, dont la partie du bâtiment U en travaux, ce qui justifierait le non remplacement de la salariée en arrêt de travail.

Nous avons pu faire le point sur l’effectif en équivalent temps plein qui reste sur le site pour faire le travail :

Nous avons pu constater que l’effectif actuel est bien de 6 ETP + le chef d’équipe, contre 12 ETP + le chef d’équipe dans la situation précédente.

Il y a donc une diminution de moitié de l’effectif !

Et les responsables EDF osent affirmer que cela n’aura pas de conséquence sur la qualité du nettoyage.

Les responsables EDF disent qu’il s’agit du résultat d’un calcul Elior, sur lequel ils n’ont pas la main, puisqu’il s’agit d’un contrat de résultats et non de moyens.

Mais la DIG, à partir de ses critères, a fait ses propres calculs, et obtient un effectif de 6,5 ETP, donc seulement 0,5 de plus qu’Elior !

La DIG ne voit que ces 0,5 à discuter avec Elior, mais qui pourrait se traduire pour Elior par le passage à temps complet des salariés à temps partiel actuellement.

C’est donc bien EDF qui est à l’origine de la baisse drastique de l’effectif du ménage, puisque la direction explique que le changement, en réduction, des niveaux de prestation de ménage, date de 2 ans, et que la réduction d’effectif aurait donc dû se produire plus tôt.

C’est par soucis du personnel de ménage, car la société précédente Limpa n’avait pas l’envergure suffisante pour proposer des postes à tous ceux qui devaient partir, qu’EDF a accepté le surcoût du maintien de l’effectif pendant ces deux ans, un souci qu’EDF n’a plus avec Elior.

Nous avons alors évoqué la prétendue « responsabilité sociale d’EDF » : comment justifier que deux salariées parmi les plus anciennes sur le site (l’une travaille sur le site depuis 34 ans, l’autre depuis 33 ans) soient traitées de cette manière, avec cette brutalité ?

Sur la base de cette « responsabilité sociale », EDF R&D ou la DIG avaient largement la possibilité de financer des travaux de nettoyage supplémentaires sur le site pour maintenir ces salariés, et limiter par là même cette baisse drastique de la prestation de ménage

Il se trouve, par exemple, que de nombreuses salles de « convivialité » qui ont été créé récemment, avec points d’eau et micro-ondes, ne sont pas répertoriées par le contrat comme des surfaces nécessitant un nettoyage tous les jours.

Financer pendant trois mois, le temps des départs en retraite, avec l’engagement d’Elior du maintien sur le site des deux collègues, aurait seulement coûté 15 000 euros à EDF.

Les responsables EDF ont répondu qu’EDF n’avait pas d’argent !

C’est pourtant un montant faible au regard d’autres dépenses plus «étiques» pour certaines…. Pourquoi ne pas prendre sur les milliards de dividendes versés aux actionnaires ? En plus il y a des avances sur dividendes !

Nous avons rétorque à la direction : 2 femmes de ménages = 5000 euros par mois = 10 euros/mois pour chaque agent du site de Chatou. Face à cela combien va couter le temps passé à vider les poubelles et faire le ménage de 100 maitrises et 400 cadres ou chercheurs sut le site ?

En tout cas, nous considérons que cette réponse fait apparaître le manque de volonté manifeste de la direction de la R&D et de la DIG pour trouver des solutions à cette situation scandaleuse.

Nous considérons que la direction d’EDF (R&D et DIG) est totalement responsable des agissements brutaux des responsables d’Elior .

Nous n’avons donc, pour l’instant, rien obtenu sur nos revendications.

Par contre, nous avons su nous faire entendre, le personnel a pu manifester sa réprobation des méthodes d’Elior et de la politique de réduction des coûts de la direction EDF qui entre en contradiction complète avec son discours sur sa prétendue responsabilité sociale vis-à-vis des salariés sous-traitants.

Et ce combat va continuer.
La direction ne manquera pas de nous en fournir l’occasion.
C’est la tâche à laquelle la CGT s’appliquera en proposant à toutes les OS de s’y associer.