Appel issue du Congrès du syndicat CGT EDF R&D

C’est dans un contexte de montée des dangers les plus graves que nous, syndiqués CGT de la R&D d’EDF, nous sommes réunis en congrès ces jeudi et vendredi 3 et 4 octobre 2024. Nous partageons avec vous cet appel, issu de nos débats et de notre analyse de la situation générale.

Tout d’abord le danger d’une extension encore plus catastrophique des guerres déjà en cours en Ukraine, à Gaza et maintenant au Liban

Ces conflits ne font que prolonger de manière sanglante les affrontements entre grandes puissances mondiales pour l’accaparement des ressources stratégiques, le contrôle des routes commerciales et la captation des marchés internationaux, au seul profit des grands groupes et de leurs actionnaires.

Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat dans ces deux conflits et dénonçons la responsabilité d’E. Macron et de nos gouvernements qui œuvrent à la poursuite des hostilités en livrant armes et matériel militaire aux armées ukrainienne et israélienne, et en continuant de soutenir le gouvernement d’extrême-droite de B. Netanyahu.

Ensuite, dans notre pays, le danger de l’extrême droite
contre lequel notre syndicat a appelé à soutenir le nouveau front populaire et son programme.

L’extrême droite influe désormais sur la politique du gouvernement Barnier, impose son discours et ses obsessions dans le champ médiatique et se rapproche toujours plus du pouvoir, aidée par Macron, tous étant au service des actionnaires des multi-nationales. Une telle perspective mènerait immanquablement à une radicalisation des attaques, pourtant déjà incessantes et brutales, contre les salariés et leurs droits, à une poursuite des politiques d’austérité salariale et de destruction des services publics qui paupérisent les travailleurs et fragmentent le tissu social, à une menace sur les libertés individuelles, et enfin à une répression encore plus féroce des mouvements de contestation.

Les besoins de la population sont aux antipodes de ces politiques antisociale et réactionnaires. C’est pourquoi nous revendiquons avant tout l’indexation des salaires sur l’inflation, l’augmentation du SMIC à 2000 euros bruts et l’abrogation de la réforme des retraites de 2023, avec pour conséquence, dans les IEG, le maintien de notre grille unique de salaires, la revalorisation du SNB amenant le NR 1 échelon 10 à ce niveau de 2000 € et la réintégration des agents embauchés depuis septembre 2023 à notre régime pionnier de retraite des IEG, plus favorable que le régime général.

Nous affirmons notre détermination à défendre ces revendications avec toute la fermeté nécessaire au sein de la fédération CGT des mines et de l’énergie, au sein de la confédération CGT, et à participer à tous les mouvements et mobilisations qui permettent d’instaurer un rapport de force en faveur de ces mesures. En particulier, le syndicat CGT d’EDF R&D entend prendre toute sa part à la construction de grèves, meilleur outil à-même d’imposer ces mesures à nos gouvernants.

Enfin le danger d’une aggravation des crises climatique et environnementale,
qui, dans le domaine énergétique, appellent à une sortie urgente de notre dépendance aux énergies fossiles.

Cette transition impose une décarbonation des usages : transports, chauffage, procédés industriels, etc. qui ne sera viable qu’en disposant d’infrastructures de réseau appropriées et de moyens de production performants, sûr et complémentaires. Des investissements massifs sont nécessaires pour adapter et moderniser le système électrique : prolongation et renouvellement du parc nucléaire, rénovation des usines de production hydrauliques et construction de nouvelles STEP, mise en place de filières EnR adaptées aux usages, développement des réseaux de distribution, etc.

Ces objectifs nécessitent une stratégie de long terme et une cohérence de gestion qui fait cruellement défaut depuis la libéralisation du secteur. Ils doivent être poursuivis selon les besoins de la population, dans le cadre d’un service public accessible à tous et avec un contrôle de la part des travailleurs et des citoyens.

Nous refuserons toute mise en concurrence des concessions hydrauliques et nous sommes pour leur maintien au sein d’EDF, entreprise intégrée. C’est pourquoi nous revendiquons un retour au TRV, un retour au monopole public de l’électricité, et donc la sortie du marché qui a prouvé son inefficacité à organiser le secteur, et est à l’origine de l’explosion des prix du kWh.

Le syndicat CGT EDF R&D apporte tout son soutien aux agents de Cordemais qui défendent leurs emplois et leur outil de production. De même nous soutenons les travailleurs de GRDF, menacés d’un « plan social » prévoyant la suppression de 2000 emplois.

Nous, salariés de la R&D, avons de toute évidence un rôle important à jouer dans cette transformation de la production et de l’utilisation de l’énergie électrique. Car une telle ambition passe nécessairement par la recherche de solutions technologiques nouvelles et la construction d’une expertise pérenne et pointue afin de garantir la maîtrise technique et la sûreté des installations.

Il est donc urgent de redonner à la R&D les moyens d’assurer ces missions essentielles, en augmentant les effectifs d’au moins 300 agents statutaires, en sanctuarisant toutes les compétences et moyens d’essais actuels de la R&D, et en revenant à une gestion des projets par les départements eux-mêmes, en fonction des besoins scientifiques, techniques et industriels de l’entreprise et non selon une logique de réduction des coûts et de gestion du manque de main d’œuvre. La R&D doit abandonner l’organisation matricielle qui conduit à piloter nos activités comme de simples prestations pour les autres entités d’EDF et imposer une autonomie vis-à-vis de la commandite afin de se projeter sur les enjeux de long-terme.

Il est également nécessaire de mettre fin à la « start-upisation » des activités de recherche et développement qui empêchent l’exploration et la mise au point des technologies dont nous aurons besoin dans les décennies à venir (nouvelles générations de réacteurs, hydrogène, captage du CO2, etc) et ont pour seul objectif d’obtenir des financements publics. En particulier, nous dénonçons les annonces récentes de la direction de de se désengager des activités de R&D menées au sein de l’IPVF sur le photovoltaique aux dépens des salariés concernés.

Nous revendiquons enfin l’abandon de la fusion ASN-IRSN qui ne peut que nourrir la défiance du public vis-à-vis du nucléaire, et menace directement des activités de recherche qui contribuent à maintenir une excellence scientifique indépendante pour l’ensemble de la filière, et qui s’ajoutent aux nôtres, comme celles du CEA et de Framatome.

Nous, syndiqués CGT de la R&D d’EDF, appelons tous nos collègues à nous rejoindre et à se syndiquer à la CGT pour mener ces batailles avec nous et s’organiser pour être plus forts collectivement.

Vous aimerez aussi...