La déréglementation-privatisation d’EDF n’est pas la solution

La déréglementation-privatisation d’EDF n’est pas la solution

Chatou, Saclay, Les Renardières, le 3 mars 2021

8 avril 1946 : Publication de la loi de nationalisation de l’électricité et du gaz et de création d’EDF, dans un contexte de conquêtes sociales sans précédents d’après-guerre.

8 avril 2021 : Depuis 18 mois les agents d’EDF sont engagés pour stopper le démantèlement de l’entreprise EDF, défendre le secteur public de l’électricité et sortir ce bien essentiel qu’est l’électricité, des lois absurdes du marché. L’idée est plus que jamais moderne et essentielle face aux enjeux sociaux et environnementaux actuels, exacerbés par la crise sanitaire que nous traversons.

 

Black-out et factures qui flambent au TEXAS : la démonstration que la déréglementation-privatisation d’EDF n’est pas la solution


La presse a fait état de la mobilisation massive des agents EDF avec leurs syndicats pour le retrait du projet Hercule, mobilisation qui a mis en difficulté le gouvernement.
La bataille pour bloquer le projet de démantèlement d’EDF va continuer !

Agents d’EDF, nous avons raison de nous mettre en grève.

Et ce qui s’est passé au Texas la semaine dernière, le montre. La preuve dans ces quelques extraits diffusés dans la presse française (Ouest France, LCI, L’Humanité).

Blackout, « retour à l’âge de pierre» et « faillite énergétique »

Les Texans se souviendront de ces quelques jours de février où, brusquement, les températures ont chuté à des niveaux quasi canadiens. La vague de froid allait avoir un effet dévastateur sur le réseau d’électricité de l’État : quelque 5 millions de foyers allaient subir des coupures. On déplora au moins 24 morts, dont 10 par hypothermie dans la seule ville de Houston. Les pannes ont affecté nombre d’installations essentielles, comme les stations d’épuration d’eau.

Pendant quatre jours, les habitants de l’un des États les plus riches de la première puissance économique mondiale et les mieux dotés au monde sur le plan… énergétique ont eu le sentiment de revenir à un âge de pierre, sans courant électrique, sans gaz, sans eau potable et souvent sans téléphone, les réseaux de télécoms ayant aussi été touchés. Pourtant, si un coup de froid au Texas est vraiment un phénomène rare, il n’est absolument pas exceptionnel. Des antécédents météorologiques du même type sont repérés environ une fois tous les dix ans.

Une faillite énergétique de grande ampleur. C’est ce à quoi est confronté le Texas, plongé dans une crise sans précédent.

Décentralisation excessive et « réseau en vase clos »

Attaché à son indépendance, le Texas est considéré comme le poumon énergétique des États-Unis, premier producteur de pétrole brut et de gaz naturel du pays, mais est aussi un poids lourd de l’éolien et de l’énergie solaire. Il a surtout la particularité – et le défaut – d’avoir un réseau de distribution en vase clos, qui l’empêche d’importer de l’énergie depuis les zones limitrophes.

Le modèle décentralisé texan a rendu impossible tout transfert d’électricité venue d’autres régions, contribuant au désastre.

« Un avertissement pour le monde entier » : « le réseau s’est effondré »

« Il n’y a pas suffisamment de générateurs prévus pour l’hiver afin de répondre à une forte hausse de la demande », a expliqué le professeur d’économie à l’université de Houston. Le Texas, dont le pic d’activité énergétique a généralement lieu à la fin de l’été, n’était, selon lui, pas préparé à affronter une telle vague de froid. La crise actuelle met en lumière les carences d’un système vétuste et mal aménagé. « C’est un avertissement pour le monde entier que même des régions où l’énergie est abondante peuvent rencontrer des problèmes et que cela peut être catastrophique », a mis en garde Michael Webber, professeur à l’université du Texas.

« Dérégulation et course à la compétitivité »

La loi 7 du Sénat de l’État texan, adoptée en 2002, est à l’origine de cette dérégulation totale. Adoptée par la majorité républicaine, elle a bénéficié d’un consensus ambiant bipartisan en faveur de la libéralisation, donc du soutien de bon nombre d’élus démocrates. L’Electric Reliability Council of Texas, chargé alors de gérer le réseau, n’a plus eu aucun pouvoir d’investissement dans la modernisation ou l’entretien des équipements. Son rôle s’est borné à la surveillance du respect des règles de concurrence entre les prestataires.

Dans leur course à la compétitivité, les opérateurs ont « oublié » des investissements de maintenance élémentaires.
Résultat : en ces jours glacials de février, leurs installations sont tombées en panne les unes après les autres, faute de systèmes antigel et de possibilité de déclencher la moindre procédure de fourniture alternative d’électricité.
Le Texas constituait une sorte de poisson-pilote mondial de la banalisation de la marchandise électricité. Les réformes de 2002 plaidaient l’instauration d’un système « diversifié et décentralisé », capable d’intégrer les énergies nouvelles (éolienne et solaire), selon une rhétorique largement répandue sur une planète libérale en mal de greenwashing. Au point qu’on en trouve la marque jusque dans le paquet dit « énergie-climat » de l’Union européenne, référence lui-même d’un certain projet Hercule de dérégulation auquel s’opposent aujourd’hui les salariés français d’EDF. Ô combien à raison…

Factures de 17 000 dollars : dérégulation et prix en fonction de la demande !

Ouest France précise : « Les montants ont atteint 5 000 (4 110 environ €), 10 000 (8 200 €) voire jusqu’à 17 000 dollars (14 000 €). Comment expliquer cela ? Le Texas est le seul État dont le réseau de distribution énergétique fonctionne en vase clos, entraînant une dérégulation de son marché de l’électricité. ».

De nombreux foyers ont donc des contrats dont le prix mensuel varie en fonction de la demande : elle a explosé avec la vague de froid. Le prix d’un mégawattheure a grimpé à 9 000 dollars (8 200 €) contre environ 50 dollars (40 €) normalement à cette période de l’année.

Face à cette flambée des prix, des élus locaux ont réagi : « Ces factures, ces coûts prohibitifs devraient être réglés par l’État du Texas, et non par les consommateurs individuels qui ne sont pas responsables de cette catastrophe. Tout ce qui est arrivé cette semaine était prévisible et évitable. »

Un scénario catastrophe que les agents EDF souhaitent empêcher, en exigeant le retrait des projets de privatisation et de démantèlement d’EDF, qui sont toujours dans les cartons du gouvernement, que ce soit Hercule en version A ou en « plan B ».

La CGT dans l’unité avec les autres organisations syndicales poursuit la mobilisation pour défendre le service public de l’électricité et EDF entreprise publique intégrée

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