3 septembre 2019

C’est à marche forcée que le gouvernement actuel continue ses actions de destruction de tous les acquis sociaux de l’après-guerre notamment, qui contribuent à faire de la France un pays où les inégalités sont parmi les plus faibles des pays occidentaux et où la qualité de vie et de protection sociale de tous les citoyens étaient globalement satisfaisantes.

Depuis l’élection présidentielle, les secteurs de l’Education, de la Santé, de la Justice subissent des réformes précipitées, non concertées et qui mettent en danger leur bon fonctionnement, entrainant des mouvements de protestation important parmi le personnel concerné ainsi que dans les rues (gilets jaunes). Les systèmes de retraite et de sécurité sociale sont également menacés, pour aller vers une baisse du niveau de protection et la mise en place d’un régime universel de retraite par points et la disparition des 42 régimes spéciaux, confirmée par le 1er ministre hier. La CGT s’est engagée lors de son congrès en mai à combattre le projet gouvernemental de système universel de retraite à points et à défendre le maintien et l’amélioration des 42 régimes de retraites existants. 

Le statut des agents des IEG est ainsi particulièrement visé : retraites, activités sociales (la menace de réintégration du personnel actuellement détaché en SLV risque d’entrainer la disparition des activités sociales de proximité), tarif agent. 

L’attaque et ce n’est pas une surprise, puisque de nombreux articles de presse en parlaient depuis plus de 6 mois, est également contre l’entreprise EDF, et le modèle public de gestion de ce secteur : depuis la production jusqu’à la commercialisation en passant par la distribution et le transport. Le projet d’éclatement de l’entreprise vise à faire profiter davantage encore les capitaux privés des bénéfices potentiels de la vente d’électricité.

Le bilan de la création du marché de l’électricité en France est désastreux pour l’ensemble des citoyens, ainsi que pour les petites entreprises : hausse des tarifs, perte de fiabilité (temps de coupure moyen + fréquence), dégradation de la qualité de service avec la disparition des agences d’accueil, démarchage frauduleux de la part des commercialisateurs entrants et concurrents d’EDF, régionalisation, augmentation des précaires énergétiques. Ce bilan est négatif aussi parce qu’il fragilise la capacité des producteurs et d’EDF en particulier, à faire les investissements indispensables à l’entretien des moyens de production actuel pour assurer leur disponibilité et sûreté de fonctionnement et à construire de nouveaux moyens de production pour faire face au besoin futur en électricité bas carbone.

Par contre, ce bilan est positif et même très juteux pour les « concurrents » d’EDF qui ne sont pas des producteurs mais se contentent de vendre l’électricité achetée à EDF à un prix garanti et à la revendre à tarifs forts.

Mais un tel bilan n’est jamais présenté et l’objet du projet Hercule est au contraire d’aller encore plus loin dans cette direction : avec la scission de l’entreprise, il s’agit d’un coté de permettre aux entreprises privées de vendre et de tirer profit de l’ensemble de la production nucléaire d’EDF, géré par l’état et d’un autre côté de privatiser le reste avec des profits faciles (Enedis, EDFR, SEI, Dir-Commerce…)

Que deviendra la R&D d’EDF dans ce contexte ?

Nos inquiétudes sont grandes quand l’ensemble de nos dirigeants interrogés sur ce sujet nous répondent que la R&D ne compte pour rien dans ce projet, l’important étant exclusivement les montages financiers associés. Cela résonne avec les évolutions que connaissent nos activités depuis plusieurs années et la baisse des effectifs que nous subissons depuis 2015 : baisse de la part des activités amont, manque de stratégie cohérente dans l’organisation des activités (IPVF, expérimental …), externalisation à outrance des activités, modèle des start-up privilégié, disparition progressive des fonctions supports, recherche de vente à l’externe de nos « services ». Cela résonne également avec le dossier DTEO qui est à l’ordre du jour de ce CE et qui présente l’organisation de l’entreprise en business unit.

La R&D d’EDF ne doit pas devenir une entreprise de prestation de service, ni être éclatée et doit rester intégrée à une entreprise intégrée publique, seule pertinente pour répondre aux besoins de la nation.